"Porsche 935/78-81 Moby Dick."



"Mamie fait de la résistance."
Le programme prévu pour la 911 de Porsche était éphémère, celle qui était une évolution de la 956, elle même un dérivé de la VW Coccinelle, devait disparaître naturellement au milieu des années 70. Mais le scénario imaginé n'aura pas lieu malgré plusieurs tentatives d'alternatives à moteur avant refroidis par eau. Il faudra s'y faire, la 911 restera!
Si Porsche à pendant un moment voulu l'éclipser, la 911 restera le modèle iconique de la marque qui en plus montrait sur piste d'excellentes aptitudes. En 1975 l'arrivée de la version Turbo la rends plus désirable que jamais et Porsche souhaite exploiter ce modèle en compétition. Sortant 260 chevaux à l'origine, la version Turbo va se décliner en 935 dès 1976 pour des modèles non homologués pour route mais taillés pour limer le bitume des circuits internationaux. Avec ses voies élargies et un gros aileron, la 935 peut extirper 600 chevaux de sa mécanique, c'est déjà un monstre! Mais elle se transforme en mutant en l'année 1978 avec la version dite "Moby Dick" en se grimant en sorte de Godzilla du bitume.
Porsche préserve la cellule centrale de l'ancestrale 911 mais elle repose sur un châssis tubulaire en aluminium et est entièrement dépouillée. De la 911 originelle il ne reste qu'une vague silhouette et bien peu de pièces communes. La "Moby Dick" est encore plus longue avec un avant prolongé qui la rends de face méconnaissable. Adieu le regard de grenouille, le capot est plat et les optiques sont positionnés à l’aplomb des passages de roues et recouverts par une glace en plastique translucide. Le portes sont restées de série...et très en retrait, on voit bien ainsi la largeur supplémentaire de la "Moby Dick" qui se prolonge avec cette traîne qui étire la voiture loin derrière et sur laquelle repose un gigantesque aileron. Objet légendaire, ce mutant est objectivement discutable en terme de style, la 935 "Moby Dick" est une sorte de caricature de la 911.
A bord l'ambiance "racing" atteint son apogée, matériaux bruts, conduite à droite, et oui, cette position est spécifique aux circuits dont la plupart tournent dans le sens des aiguilles d'une montre. Plus rien de la 911 Turbo de série n'a été récupéré hormis les commodos d'essuie-glace! Le pilote se retrouve seul harnaché dans son baquet face à des tubes de renforts, un volant de petite taille et un levier de vitesses entièrement dénudé, en piste!
Mais rien n'est gratuit dans ce travail de dopage, le moteur est bien le six cylindres à plat de la 911 mais il a été littéralement ensorcelé. Deux turbos ont été installés et le refroidissement se fait désormais par eau. Le modèle homologué en Groupe 5 est éligible aux 24 heures du Mans et sort 845 chevaux, la vitesse maxi peut plafonner à 366 Km/h! En 1978, une 935 "Moby Dick" s'offre une huitième place aux 24 heures du Mans, pas mal pour une première sortie.
Porsche la propose à diverses écuries dont Joest Racing qui en fabrique deux exemplaires en 1981. Parmi elle se trouve cette version qui participe en 1981 au championnat DRM de Zolder et termine troisième, elle est pilotée par Jochen Mass. C'est aux Etats-Unis qu'elle s'expatrie pour s'inscrire au championnat nord Américain IMSA. Gianpiero Moretti en sera le pilote et la voiture devient rouge avec des décorations "Momo" et "Penthouse". Car "Momo" a été crée par Gianpiero Moretti en personne en 1964! Cette version prends le nom de code "JR-001". La 935 est une redoutable rivale et réalise de belles performances sans toutefois décrocher une victoire.
Elle revient en Europe en 1982 puis sera rejointe dans l'écurie par une seconde 935, la "JR-002". Cette dernière aura une fin tragique en 1983 où son pilote Rolf Stommelen trouve la mort lors d'un dramatique accident aux 6 heures de Riverside.
L'écurie de Joest décide d'écourter sa carrière et la 935 rouge court pour la dernière fois officiellement en juillet 1983. "JR-001" est donc mise à la retraite mais participe à d'autres courses amateurs, elle sera ensuite repeinte en blanc. On la verra en 2011 à Retromobile où elle sera mise en vente, toujours dans sa livrée blanche. Elle sera restaurée et retrouvera ses couleurs d'époque et ses sponsors légendaires. C'est ainsi que les visiteurs pouvaient la voir sur les moquettes de la porte de Versailles en février dernier.






































































































Plaisir et Authenticité 
