"Packard Twin Six Roadster."


"Deux fois six."
Le gratin des voitures de luxe aux USA dans les années 20/30 est constitué de nombreuses marques. On trouve en vrac Cord, Auburn, Cadillac Lincoln et Packard. A la fin des années 20 c'est une véritable course à l'armement qui se joue, plus une voiture à de cylindres plus elle est désirable et prestigieuse. C'est l'épopée des V12 et même des V16 chez Cadillac. Packard inaugure toutefois le 12 cylindre en V pour le proposer en première mondiale en série dès 1916, elle se nomme "Twin Six".
Ce moteur a été mis au point par l'ingénieur Jesse Gurney Vincent pour répondre à la demande d'une clientèle ayant les moyens de payer au prix fort une automobile de luxe. Ces acquéreurs nantis voulaient plus de puissance, plus de douceur et moins de bruit. Vincent avait songé à un V8 mais il préférera un V12 qui apportait moins de vibrations. Avec l'aval du grand patron de Packard, Henry Bourne Joy, le moteur se loge sous la nouvelle "Twin Six" dès 1916.
Et c'est le boss en personne qui testera dès 1915 la capacité de ce moteur en ralliant Detroit à San Francisco. A son arrivée, il dira ne jamais avoir pris autant de plaisir à conduire une automobile sur une si longue distance, validé!
Produite jusqu'en 1923, elle prendra plus tard le nom de "Twelve" et sera produite en une multitude de carrosseries. La "Twin Six" connaît un succès fulgurant dès sa sortie, pourtant elle est une automobile coûteuse mais ses qualités lui ont valu une réputation excellente. A Detroit la demande est si forte qu'il faut embaucher en masse du personnel afin de produire toujours plus de voitures.
La "Twin Six" c'est donc ce remarquable moteur constitué d'un assemblage de deux six cylindres en ligne coulés dans un bloc en aluminium. L'ensemble cube 6821 Cc et affiche 88 chevaux, un chiffre énorme en 1916. Cette voiture est la réponse de Packard à Cadillac qui ne propose alors qu'un V8. Ce moteur est novateur aussi par son architecture car tout est "collé" ensemble, mécanique, boite de vitesses et embrayage. Le poids est répartit vers l'avant et assainit le comportement routier.
Avec au choix deux longueurs de châssis et 14 carrosseries disponibles, la "Twin Six" est à elle seule une gamme complète. On trouve ici un modèle dit "Runbabout" de 1917 et on ne peut que constater la qualité de ces voitures en auscultant des modèles aussi bien restaurés. Elle devait être aussi belle lors de sa sortie d'usine. Statutaire, elle soigne ses finitions avec sa peinture bicolore noire et verte, ses immenses roues en bois de 94 centimètre de diamètre et ses nombreux accessoires rapportés, qu'ils soient utiles où simplement décoratifs.
Comme toutes les voitures de cette époque, elle est haute sur pattes, un choix dirigé par la piètre qualité du réseau routier où seule une petite partie était bitumée, le reste étant fait de chemins de terre chaotiques. La ligne se fait plutôt belle avec cette poupe ouvragée qui faisait une rare preuve d'originalité à cette époque où la fonction dictait la forme. On notera ce petite coffre supplémentaire fixé à la roue de secours et sans doute destiné à ranger son chapeau, un accessoire de mode indispensable à cette époque. Ne passons pas sous silence les petits détails signés "Packard" où "Twin Six", preuve d'une volonté d'afficher un souci du détail qui justifiait son prix perché.
A bord la présentation est simple mais on ne faisait pas beaucoup mieux dans ce domaine à l'époque. Toutefois les garnitures sont de belle facture et l'assemblage sans commune mesure avec une Ford T qui était son antithèse.
Cette voiture devenue rare, même aux USA a été restaurée avec minutie et son prix d'achat atteste ces propos car elle s'est vendue 165.600€ par la maison de vente Osenat.



















































































Plaisir et Authenticité 
