"Studebaker Daytona Wagonaire."



"Ça sent le sapin."
Le destin a été injuste avec Studebaker, c'est pourtant la marque de South Bend qui va ouvrir un créneau nouveau aux Etats-Unis, celui des berlines "mid size". L'Amérique qui ne produit jusque là que de gros modèles, laisse pénétrer son marché par le bas avec l'arrivée de voitures de petite taille venues de l'étranger. Si au départ les ventes sont anecdotiques, elles ne cessent de croître au cours des années 50 au moment où le pays voit son pouvoir d'achat augmenter et laisse aux foyers le soin de s'offrir une seconde automobile, souvent pour madame.
La Lark va donc éponger cette fuite et sera suivie rapidement par d'autres marques concurrentes Américaines. Finalement, ce sont ses rivales qui vont faire oublier les bons débuts commerciaux de la "petite" Studebaker causant une rapide érosion de ses ventes.
Relativement originale, la Lark possède un certain nombre de déclinaisons. On trouve la classique berline 3 volumes, le coach 2 portes, une décapotable et deux breaks, l'un à 3 portes, l'autre à 5.
En 1963, Brooks Steevens alors employé comme styliste chez Studebaker à l'idée de mettre en pratique une idée qu'il avait conçue sur un concept qu'il avait dessiné en 1959, la Chrysler Scimitar. Cette voiture "couteau suisse" pouvait s'équiper d'une cellule arrière de break mais qui avait comme spécificité d'avoir la partie arrière de son pavillon coulissante. Cette astuce lui permettait de charger des objets de grand volume dépassant en hauteur, une sorte de méga girafon. Il l'applique donc sur la version la plus longue de la Lark Station Wagon qui prends sous cette forme le nom de Wagonaire.
Ainsi, la partie avant du modèle de 1963 reprends le dessin classique de la Lark avec sa calandre d'inspiration Mercedes et sa double paire de phares. De profil, on ne remarque rien de spécial au premier abord. On retrouve les traits classique s'un break Lark avec ses grandes baies vitrées et une décoration épurée loin des exagérations qui étaient la norme quelques années plus tôt. L'arrière assez abrupt s'équipe de petits feux disposés sur les côtés des ailes, une baguette en inox les relie visuellement. On voit que des charnières positionnées en bas font que ce hayon se baisse et que sa vitre est ouvrante.
Pourtant, un détail nous met sur la piste, une découpe sur le toit masquée par une baguette de chrome située derrière la galerie, c'est là tout le secret de la Wagonaire.
Et oui, c'est cette partie arrière entière qui coulisse à l'intérieur du véhicule! La manipulation est manuelle, on déverrouille le dispositif qui baisse la partie arrière et on tire le toit pour l'escamoter vers l'avant. La vitre arrière du hayon se baisse à l'aide d'une manivelle extérieure placée au centre. Grâce à cette astucieuse invention, un utilisateur peut par exemple faire entrer un réfrigérateur droit dans son véhicule où le traditionnel sapin de noël. La marque de miniatures "Matchbox" la fabriquera avec un toit coulissant et une figurine de chasseur que les enfants pouvaient installer debout dans cette partie du véhicule.
Autre avantage, disposer d'un toit ouvrant pour les passagers arrières d'autant plus qu'une troisième banquette était disponible en option dos à la route. Pour faire monter les passagers par cette cinquième porte, une marche escamotable était installée dans le volet du hayon, on la voit bien sur les photos. En option, la vitre de hayon et le toit pourront se manœuvrer électriquement. Autre innovation, des pneumatiques increvables "Captiv Air"! Car la Wagonaire ne disposait pas de roue de secours faute de place.
Le système amuse...mais un temps car les premiers modèles sont victimes d'une étanchéité hasardeuse! Relayée joyeusement par la presse, ce défaut vite corrigé fera du mal à ce modèle pourtant très original. D'ailleurs Studebaker proposera en option...un toit fixe!
A bord Studebaker soigne ses clients avec de jolis choix de garnissages et de nombreuses teintes offertes. La présentation est agréable et de nombreuses options peuvent rendre la Wagonaire très luxueuse. Sous le capot on trouve 3 six cylindres en ligne et 3 V8 allant de 112 à 289 chevaux pour la puissante "Jet Thrust" qui équipait l'Avanti.
Deux finitions étaient proposées, la basique "Regal" et la plus luxueuse "Daytona". S'ajoutera une version "Standard" destinée aux entreprises où administrations. D'ailleurs la télévision aimait ce modèle car il était aisé d'installer un cameraman à l'arrière pour des prises de vues dynamiques.
Retouchée en 1964, la Wagonaire propose un facelift majeur. L'avant est entièrement redessiné, modernisé et simplifié. Calandre et optiques font désormais corps commun et une emblème faite d'un "S" stylisé est installée sur le bout du capot. C'est aussi à partir de cette année que l'usine de South Bend ferme et que les Studebaker sont assemblées à Hamilton, au Canada.
Studebaker la produira jusqu'à la fermeture définitive de son usine en 1966, elle sera l'un des derniers modèles construits par le constructeur Américain mais n'aura jamais été le succès espéré.
Ce modèle de 1964 peint en "Astra White" était équipée du moteur V8 259 Ci de 180 chevaux lié à une boite mécanique à 4 rapports et proposé dans la finition haut de gamme "Daytona".









































































































Plaisir et Authenticité 
