"Studebaker Lark VIII Sedan."


"L'aronde de South Bend."
La seconde guerre mondiale aura renfloué les caisses de Studebaker, sa contribution à la paix matérialisé par la fabrication intensive de matériel militaire sera largement récompensé, comme les autres constructeurs Américains.
De nouveaux modèles voient le jour après guerre mais ils sont loin d'avoir le succès espéré. L'argent fond comme un milkshake au soleil et il est impératif de lancer rapidement un modèle à succès pour redonner de l'assise à la société. C'est donc avec l'idée de lancer une auto compacte et bon marché que Studebaker pense renouer avec les bénéfices. Pourtant la période n'est guère propice aux "petites" automobiles en ce milieu des années 50 où tous les fabricants présentent des modèles toujours plus gigantesques et exubérants à chaque nouveau millésime. Le pari est osé mais le marché Américain évolue et les foyers sont de plus en plus nombreux à adopter une seconde voiture souvent réservée à Madame, bien vu! D'ailleurs en cette fin des années 50 dans le flot de la circulation Américaine se côtoie des berlines de près de 5.50 mètres de long et de petites voitures de 3.50 mètres dont la plupart viennent de l'étranger, la Coccinelle sera la plus représentée. Je pense qu'aucun constructeur Américain ne savait, ni ne voulait fabriquer ce genre de petite auto.
Studebaker va donc tirer vers le bas sa gamme sans aller au zèle d'une Volkswagen où d'une 4CV. Pour comprimer les coûts, la cellule centrale est héritée de la Hawk, le reste est raboté et la nouvelle Lark présentée en 1959 ne mesure que 4,44 mètres de long, une taille format Européen aux USA. C'est le styliste Duncan Mc Rae qui en dessine la ligne, un look étonnant avec ses petits phares ronds et sa grosse calandre rectangulaire chromée. Les optiques sont en léger retrait et on y a placé de petites grilles à côté. Sur le capot, une sorte d'oiseau stylisé, une alouette sans doute, Lark en Anglais. Tiens, mais le nom de l'alouette en vieux Français...est l'aronde!
Le profil est travaillé avec cette baguette qui remonte vers l'arrière, lunette et pare-brise adoptent le format panoramique. La malle creusée forme un "V" accentué par de légers ailerons, d'adorables petits feux à l'arrière débordent sur les ailes qui suivent le dessin de ces derniers, Adorable! Elle dégage au final un charme décalé qui s'apprécie sous diverses carrosseries. On trouve en effet la classique berline, un break "Station Wagon" à 3 portes (une spécialité Allemande pourtant!), un coupé sans montants et un autre avec lui donnant plus un air de "coach".
Au choix c'est un six cylindres en ligne 2.8 de 90 chevaux qui ouvre le catalogue où un V8 4.2 litres de 180 chevaux pour les plus gourmands.
Le cabriolet arrive en 1960, on en avait plus vu chez Studebaker depuis 1952, un break 5 portes fait aussi son entrée et se montre nettement plus pratique à l'usage.
En 1962 la version "Regal" adopte des doubles optiques qui lui donne un aspect plus agressif, on trouve aussi un nouveau six cylindres à soupapes en tête qui sort 112 chevaux.
Mais la concurrence apprécie peu le succès de cette petite prétentieuse et met sur le marché des modèles similaires de par leur gabarit et proposés à des prix approchants, les ventes déclinent lourdement. Une version relookée et baptisée Lark Daytona tente de lui rendre de la vigueur, le profil est plus rectiligne et l'arrière tout nouveau reçoit des feux ronds en bouts d'aile. A cela est ajouté une nouvelle version, la "Wagonair", c'est un break dont la partie arrière du toit coulisse pour transporte des objets longs, étonnant! Cette même année, une Lark Convertible sera élue comme pace-car officiel des 500 miles d'Indianapolis, ce qui n'est pas rien pour un constructeur.
Pour 1964, la gamme est une nouvelle fois retouchée en profondeur, la Lark se pare d'une face avant beaucoup plus consensuelle qui lui fait perdre un peu son identité et don originalité, elle est d'ailleurs construite au Canada et non plus à South Bend en Indiana.
En 1966, la Lark cesse d'être fabriquée et ne sera pas le "best seller" espéré, 522.677 exemplaires verront le jour, ce qui est loin des chiffres espérés par Studebaker et creusera encore plus le gouffre financier du groupe.
La berline exposée ici est l'une des premières, elle date de 1960 et arbore cette sobre livrée "Sandalwood Beige".












































































































Plaisir et Authenticité 
