"Ferrari 250 Mille Miglia Berlinetta Pinin Farina."


"La première d'une longue lignée."
C'est à contre cœur qu'au départ Enzo Ferrari s'obligera à mettre en vente des modèles destinés à la route. Enzo est un passionné de course mais pour assouvir sa passion, il n'a d'autre choix que de vendre des voitures civiles dans le but de faire entrer de l'argent indispensable à sa coûteuse passion.
La "166" sera la première mais cette barquette homologuée est une automobile radicale dédiée principalement à la course plus que pour parader crânement dans les plus chics stations balnéaires du monde entier.
La "250" qui va lui succéder à partir de 1952 va propulser Ferrari dans une toute autre dimension et placer à jamais sur orbite la marque au cheval cabré dans la légende. "250", un chiffre magique qui signifie la cylindrée unitaire de chaque piston de son fabuleux V12 "Colombo". Ce moteur sera la base d'une lignée de modèles tous très différents les uns des autres mais partageant le même ADN. Ce bloc en alliage de 3.0 litres mis au point par Gioacchino Colombo possède une ouverture à 60°, il est capable d'encaisser de grosses charges et se montre extrêmement fiable et robuste.
La toute première à l'inclure sous son capot sera la "250 S" en 1952, en réalité cette voiture de course servira de laboratoire et de modèle test à cette nouvelle mécanique. Engagée aux "Mille Miglia", elle remporte l'épreuve devant la Mercedes 300 SL, elle va marquer les esprits.
C'est l'année suivante que notre "250 MM" montre le bout de sa calandre au salon d Paris. Les deux lettres de son nom signifiant "Mille Miglia". La mécanique est posé sur un châssis tubulaire qu'habillera Pinin Farina mais aussi Vignale sur un croquis de Giovanni Michelotti. Mais c'est ici le modèle Pinin Farina qui nous intéresse.
On pourrait dire que cette 250 MM est le première berlinette de Ferrari. Son dessin est une parfaite synthèse entre une voiture de course et une auto civilisée. Dans cette livrée gris métallisée, on la verrai très bien circuler à douce allure sur la promenade des Anglais. Mais en rouge avec des numéros sur les portes, elle aurait toute légitimité à "avoiner" sur un ruban bitumé d'un prestigieux circuit automobile.
Pinin Farina signe une petite merveille. On retrouve la touche caractéristique des premières Ferrari avec leur calandre en forme de bouche ornée d'une grille type "coupe frite". Cette calandre ovale entouré de feux circulaires donne de la rondeur à ce coupé...elle ferait même furieusement penser à une AC Cobra non? Les feux additionnels dans la calandre renforcent l'esprit "racing" tandis que les crosses de pare-choc lui apporte cette note élégante et civilisée.
Le capot s'offre ici un saute vent en plexiglas servant à faire passer les insectes au dessus du pare-brise afin de ne pas trop gêner le pilote. Le long capot donne à la 250 MM cet aspect râblé renforcé par le poste de pilotage au pavillon abaissé. Le court pare-brise est presque panoramique mais le cintrer était trop compliqué, c'est pour cela qu'il est en deux parties. Les flancs arrondis adoucissent la ligne qui se fait même élégante avec ses passages de roues avant échancrés. Mais c'est une voiture de course et elle le fait savoir, extracteurs d'air dans les ailes, vitres en plexiglas coulissantes et ce curieux rajout en haut des ailes arrières simulant une entrée d'air.
La poupe typée fastback est de toute beauté avec cette grande lunette panoramique qui s'achève sur un arrière épuré et plein de rondeurs. Pas de pièces d'accastillage inutile, juste des feux incrustés dans la caisse, un bouchon de carburant cachée derrière une trappe, deux crosses de pare-choc verticales et 4 sorties d'échappement.
L'ensemble est compact, puissant mais jamais vulgaire où inutilement agressif, la force tranquille par Pinin Farina.
Dédiée aux pilotes, la 250 MM dispose d'un habitacle simplifié où le nécessaire exclu tout superflu. On trouve une planche de bord symétrique (qui facilite le passage de droite à gauche du volant) avec en son centre deux gros compteurs ronds incrustés dans une pièce de métal couleur carrosserie. Ici juste l'essentiel, un levier de vitesses au plancher, deux sièges, la roue de secours est projetée derrière et quelques garnitures cachent la tôle, la 250 MM est loin des GT bien plus confortables et luxueuses que Ferrari produira ensuite.
Le V12 "Colombo" est la "masterpiece" des 250. Ce bloc de 2953 Cc alimenté par trois carburateurs quadruple corps Weber sort 240 chevaux. L'ensemble est lié à une boite mécanique à 4 rapports entièrement synchronisée. Capable d'atteindre 250 Km/h, c'est l'une des voitures les plus rapide du monde.
Il en sera fabriqué 17 sous la forme de cette berlinette Pinin Farina et aussi 14 en Spider Vignale.
Celle-ci est la neuvième sortie des ateliers du carrossier Italien en 1953. Elle était au départ peinte en rouge et sera livrée à Enrico Wax, importateur de whisky "Johnny Walker" et aussi de cuir Connely et qui collaborait directement avec Ferrari pour habiller ses modèles. La 250 MM sera ensuite cédée à un pilote Français, Pierre Noblet où à ce moment la voiture est peinte en bleu. C'est le fils de Noblet qui aura l'idée de la faire repeindre dans cette très classieuse livrée grise qui je trouve lui va à merveille. Noblet l'utilisait au quotidien mais s'en servait pour courir, cette 250 MM sera même inscrite aux 24 heures du Mans en 1962!
La voiture changera ensuite plusieurs fois de propriétaires et sera quelque peu modifiée, elle servira longtemps de voiture de course avant de devenir une voiture de collection précieusement restaurée à grand frais. Elle est aujourd'hui une pièce d'exception qui resta aussi peu connue du fait de sa faible diffusion. Un tel modèle se vends autour de 5 million d'Euros, elle reste une Ferrari de connaisseurs, voir un objet de spéculation. Si on peut regretter que de telles automobiles si chères ne roulent pratiquement plus, au moins on se consolera en se disant qu'elles sont pieusement préservées.





















































































































Plaisir et Authenticité 
