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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 13 Avr 2019, 11:35

Mon dieu, mais quel spectacle!!

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L'amateur de DS en avait cette année pour son argent!
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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 14 Avr 2019, 04:05

A Retromobile...

"Citroën DS Cabriolet "La Croisette" Chapron."

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"French riviera."

L'auteur du dessin de la Citroën DS est Flaminio Bertoni, l'homme laissera à jamais son nom dans l'histoire au salon de Paris 1955 quand le public éberlué découvre la nouvelle berline Citroën qui succède à la Traction. Audace, génie, les deux à la fois sans doute, qu'importe, la DS c'est le Concorde de la route, la meilleure voiture de série jamais commercialisée indéniablement. Aujourd'hui, certains affirment qu'elle reste la voiture la plus importante de l'histoire de l'automobile. Ce qui est sur, c'est qu'après elle, plus aucune n'aura un tel retentissement.
Citroën n'envisage que de la décliner en break, en revanche si Bertoni réalise quelques ébauches de modèles cabriolet et coupé, ils resteront uniquement au stade de dessins. C'est Henri Chapron qui en 1958 présente au public la première déclinaison cabriolet. Le travail est énorme car cette fois il faut découper une voiture à la structure monocoque et à la ligne "ponton". Souci de ces déclinaison, il faut créer des pièces inédites comme un pare-brise plus étroit et abaissé ainsi que des portières allongées. Autre souci, conserver l'aile arrière d'origine pour qu'elle soit démontable en cas de crevaison, ce qui oblige à l'affliger d'une baguette verticale décorative pas très discrète. Il n'est pas boulanger Chapron mais les baguettes il en fabrique un max, son cabriolet DS en est équipé d'un peu partout, il faut que ça brille quitte parfois peut être à en faire un peu trop mais que voulez-vous, les clients aimaient aussi ça.
Une mini série de 3 modèles sans nom est vendu puis vient le premier coupé, la "Le Paris" qui est en quelque sorte une version fermée de la décapotable et sur laquelle on aurait greffé un hard-top.
C'est ensuite que la version cabriolet "La Croisette" arrive, elle est présentée au salon de Paris 1958. Chapron à trouvé une astuce pour oublier la conservation des gênantes ailes arrières, il fait réaliser un seul élément de grande taille et fait une échancrure au niveau de la roue, désormais on peut la remplacer uniquement en mettant la voiture en position haute, malin et surtout plus élégant. c'est aussi à partir de là qu'il fait poser le nom de la version sur les ailes avant. Basée sur une DS 19, elle est la première déclinaison en série de la décapotable aux chevrons vendue par Chapron. Elle sera produite jusqu'en 1962 à 52 exemplaires.
Le modèle ici exposé date de 1961, elle est ainsi équipée des fameux "cendriers d'ailes" montés entre 1960 et 1963 .Sa teinte jaune est absolument sublime et va à ravir avec ses habillages intérieurs en cuir vert. Là encore la qualité de la restauration impose le respect.

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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 15 Avr 2019, 09:14

A Zwickau...

"Horch 8 "375" Pullman Saloon."

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"Une Europe sous domination Allemande."

Poursuivant une fabuleuse ascension, Horch appuie sa gamme de modèles à moteurs 8 cylindres dont le nombre de déclinaison est vaste. Disons que chaque année offre son lot de nouveauté et en 1929 c'est la "375" qui fait office de tête d'affiche. Si la base reste identique, elle est toutefois l'une des plus enviable de l'époque. Le châssis supporte ce moteur 8 cylindres en ligne de 3950 Cc affichant 80 chevaux, la "375" peut atteindre les 110 Km/h. attention, ces véhicules sont très lourds, ici on trouve un poids de 2.2 tonnes quand même.
C'est plus dans la forme que dans le fond que cette nouvelle version de la gamme "8" présente quelques nouveautés. S'il est toujours possible que de n'en commander que le châssis nu, Horch la commercialise sous la forme d'une berline 6 places, une Pullman fermée, une autre Pullman Découvrable et un cabriolet 2 portes.
Horch soigne ses finitions, ses rivales commencent à voir que les clients apprécient aussi l'aspect extérieur et ne sont pas insensibles à quelques décorations voyantes. Cette année inaugure une nouvelle mascotte de calandre, seul deux ailes sont formées mais la flèche a disparue. On découvre également des pare-chocs à triple lames surmontés d'optique de très grand diamètre, avec sa belle calandre dotée de lamelles pivotantes couleur caisse, la "375" s'offre des airs de Cadillac. Plus que jamais l'école Américaine transpire dans cette Europe qui ne semble pas créer grand chose en terme de style et qui suis ce que lui impose le design de Detroit.
La caisse reste toujours carrée, mais on constate doucement que les galbes des ailes prennent du volume tandis que le jeu subtil des mélanges de couleurs apporte de la gaieté à ces automobiles encore bien martiales. Le pare-brise s'ouvre vers le bas et une visière en forme de casquette, là encore très américanisante, donne du cachet à cette auto de taille imposante.
Les roues de secours sont positionnées sur les côtés mais se fondent quelque peu dans les ailes, on le voit, les stylistes commencent à élaborer quelques touches d'originalité, c'est encore léger mais ce n'est qu'un début. On retrouve sur cette version le profil vitré à 6 glaces et ses marchepieds qui ne sont pas là que pour le dessin, la hauteur de ces modèles est toujours une singularité des voitures de cette période.
L'arrière à pan coupé dispose d'un porte bagages repliable et reprends les trois lames de pare-choc similaires à ceux disposés à l'avant. La lunette de taille standard était surtout là pour les passagers que pour le chauffeur obligé de bien connaitre les dimensions de son imposante automobile.
comme toujours c'est à bord qu'il fait bon vivre, et surtout à l'arrière. Ces Horch sont des voitures de maître et comme souvent le chauffeur, qui est aussi parfois le majordome, n'a droit qu'à une banquette en cuir. La planche de bord en tôle peinte est assez sommaire pour une voiture vendue si cher, comme si le client ne s'intéressait guère à cette partie du compartiment. On a quand même laissé des boiseries sur le haut des portières au cas où le propriétaire voulait s'essayer à la conduite.
Mais c'est bien çà l'arrière qu'il trouve ses repaires et peut prendre ses aises. La banquette confortable recouverte de tissu offre de généreux accoudoirs et une hauteur sous plafond permettant de voyager avec son chapeau. L'espace aux jambes est quasiment infini si bien que des repose pieds ont du être fixés au sol, ils sont évidemment recouvert de moquette. Une cloison dotée d'une vitre sépare le compartiment du chauffeur, deux strapontins repliables permettent de voyager ainsi à 5 en vis à vis comme dans un cabine de train Pullman. Boiseries généreuses, dragonnes tressées et sacoches de rangement, rien n'est oublié pour voyager le plus confortablement possible, un luxe en cette fin des années 20 comme on ne peut pas se l'imaginer aujourd'hui tant l'automobile s'est démocratisée.
La "375" a été mise au catalogue en 1929 et 1930, il se sera vendu 936 voitures de ce type, ce qui pour un modèle de ce prix était un chiffre très enviable. Cette belle version Pullman peinte en deux nuances de marron datait de 1930.

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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 15 Avr 2019, 10:37

A Retromobile...

Je continue à découvrir ce stand qui est l'un des plus remarquable de cette édition.

Il n'y avait pas que des DS, on y trouvait cette SM Mylord. Elle avait les jantes en résine tant prisée des amateurs...moi je ne les ai jamais trouvées très belles et préfère celles d'origine.

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Et cette CX Landaulet déjà exposée à Retromobile précédemment.

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L'amateur était servi, il est quand même exceptionnel de voir autant de raretés de la même famille réunies sur un même stand.

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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 16 Avr 2019, 03:24

A Retromobile...

Une dernière vue...pour le moment, on reviendra plus tard voir d'autres pépites nichées dans cet espace hallucinant.

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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 16 Avr 2019, 04:26

A Retromobile...

"Lamborghini Flying Star II."

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"Le temps d'un break."

Pour vivre, il faut se faire connaître dans beaucoup de milieux. L'écrémage qui sera faite naturellement après la seconde guerre mondiale dans le petit monde de la carrosserie artisanale va obliger les survivants à faire preuve d'audace et de coups d'éclats pour attirer vers eux la lumière. Pour eux, les salons automobiles sont un événement à ne pas rater, ils doivent exposer le meilleur de leur art et si possible, faire un "coup" médiatique.
L'Italie possède un grand vivier d'artistes dont les plus connus sont Zagato, Pininfarina, Bertone où encore Ghia. J'en oublie certain comme Touring dont la création remonte au milieu des années 20. Si ce nom évoque spontanément peu de modèles associés, en revanche on se souvient de ce patronyme sur de nombreux modèles équipés de la fameuse structure "Superleggera". Un treillis métallique constitué de multiples tubes de petits diamètres assemblant l'armature de la voiture. Ce système complexe séduit quelques constructeurs qui font assembler chez Touring leur modèles utilisant cette méthode très spécifique, Aston Martin sera l'un des meilleurs clients de Touring.
Quand Franco Scaglione réalise le dessin de la première Lamborghini de série, la 350 GT en 1964, il cède à Touring la confection de toute la structure interne et de son architecture "Superleggera". Le succès de cette première Lamborghini de l'histoire est mitigé, peut être que son dessin trop timide et surtout le manque d'image de cette marque nouvelle en matière d'automobile à freinée les hypothétiques acheteurs. Il faut dire que Lamborghini était jadis connu...pour ses tracteurs! Reste que la GT à moteur V12 n'a rien d'un bricolage artisanal et que cette 350 GT est une sportive pétrie de qualités et dont le moteur sort au début 270 chevaux.
En 1966 elle devient la 400 GT, le V12 passe à 4.0 litres de cylindrée et la puissance culmine à 320 chevaux. Si la fiche technique est affriolante, les ventes ne décollent toujours pas et en 1967 elle cesse d'être produite avec en tout et pour tout seulement 120 exemplaires vendus, c'est peu mais ça n'empêchera pas Lamborghini de présenter ensuite une Miura diablement plus envoûtante.
Quand Lamborghini présente l'évolution de la 400 GT en 1966, Touring sur un autre stand au salon de Turin expose une déclinaison furieusement décalée de la GT Italienne, un break de chasse baptisé Flying Star II.
Sur la base de la 400 GT est montée une carrosserie entièrement inédite et plutôt novatrice. Le style break de chasse séduit à cette époque mais cet exercice est plus complexe à réussir qu'il n'y paraît. Dessiner un coupé/break dynamique et racé demande un sacré coup de crayon et pour le coup Touring à j'estime réussi un véritable tour de force, quelle beauté cette Flying Star! Les angles vifs anticipent le style des années 70, les ailes tranchantes creusent un capot plongeant et donnent à ces étonnants phares carénés un regard frondeur et déterminé. Le chrome est toujours présent mais sa finesse surligne simplement les accessoires comme le fin pare-choc où encore les encadrements des optiques.
Les ailes saillantes reçoivent des extracteurs près des montants de pare-brise fortement inclinés. C'est vu de profil que son dessin est incontestablement le plus séduisant, fortement étiré vers l'arrière, le pare-brise s'étends sur un pavillon qui redescends doucement sur une lunette qui s'incline avec un angle justement prononcé. Un pli d'épaulement au dessous des parties vitrées s'étire sur tout le long des flancs, on voit aussi que l'ensemble de la voiture est très abaissé, ce qui contribue à sa sportivité affirmée. Les grandes vitres arrières laissent place à des montants très minces, ce qui allège la masse du véhicule. On retrouve les jantes de la 400 GT et leur dessin si spécifique.
Le "popotin" est lui aussi un majestueux coup de crayon. La lunette prends quasiment toute la partie de la pièce constituant le hayon. Cette poupe en forme de trapèze élargit visuellement ses hanches et donne du muscle à l'ensemble. Des blocs de feux rectangulaires encadrent une plaque d'immatriculation de forme carrée. Un petit pare-choc en forme de simple lame argentée et haut placé laisse place sous lui à quatre sorties d'échappement laissant augurer une mécanique de haute volée. Ce qui est le cas car c'est le V12 3929 Cc de 320 chevaux qui loge sous le capot avant.
A bord aussi l'exclusivité règne car une planche de bord spécifique a été aménagé pour elle. On y retrouve l'instrumentation de la 400 GT mais le reste est unique. L'harmonie est faite de noir et seul le volant en bois donne un peu de couleur à cet habitacle assez sombre comme notre esprit ce matin à la vue de la Cathédrale de Notre Dame à laquelle je rends hommage. On trouve seulement deux places, le compartiment arrière sert à loger les bagages pour une virée en amoureux où du matériel de chasse si le propriétaire est coutumier de cet loisir que l'on dit sportif. Si le coffre n'est pas franchement volumineux, il est en revanche facile d'accès et permet de loger des objets longs...mais qui penserait à utiliser une pièce unique pour aller acheter un buffet "kitkataoslo" chez "Alikea"?
Car oui cette Flying Star est un modèle unique crée pour le salon 1966 mais parfaitement roulant et utilisable. Cette voiture fût vendue immédiatement après le salon à Jacques Quoirez, ça ne vous dit rien certainement, sachez juste que c'est le fils de Françoise Sagan, elle aussi grande amatrice d'automobiles et de vitesse, une passion dévorante qui a bien failli lui coûter la vie à plusieurs reprises. La voiture partira ensuite aux USA puis en Angleterre avant de revenir en France et d'être entièrement restaurée chez Touring en 2009, elle ne quittera d'ailleurs jamais son immatriculation Française d'origine! Retromobile était l'occasion de la croiser si vous l'aviez raté ici même en 2013.

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Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 16 Avr 2019, 14:52

A Zwickau...

Les décors étaient sobres mais certains endroits du musée offraient une jolie mise en scène ici sur ce niveau. Cette station service "Standard" était hyper bien fignolée dans le moindre détail.

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Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 16 Avr 2019, 15:28

A Zwickau...

"Horch 8 400 Police Personnel Carrier."

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"Brigade d'intervention rapide."

Le jeudi noir de cette année 1929 va lentement déferler sur l'Europe, la crise se repends et les modèles de luxes payent le prix de ce marasme qui inquiète et touche toutes les classes sociales. Pour autant on ne baisse pas les bras chez Horch et tout comme Mercedes, on continue à produire des modèles haut de gamme tout en proposant au sein de la gamme des modèles plus accessibles.
Sortie en 1931, la "400" est une fois de plus une évolution de la gamme "8". On y retrouve une base quasiment inchangée et la jolie mécanique 8 cylindres en ligne 3950 Cc de 80 chevaux identique à la "375" vue juste avant. En revanche l'offre de carrosseries usine est maintenant limitée à deux modèles, la berline 4 portes et le cabriolet sans oublier comme toujours le châssis nu.
Cette base de haute qualité et payée au prix fort sera choisie par certaines casernes de police pour être habillées en modèle de patrouille. C'est une fois de plus Schumann basé à Werdau qui va créer cette carrosserie utilitaire tout comme il l'a fait sur le modèle de pompiers présenté il y a quelques jours.
L'artisan conserve tout l'avant et même le bas des portières ainsi que les marchepieds et les ailes arrières. Sous cet angle elle ne manque pas d'élégance avec sa belle calandre cerclée de chrome, ses jolis phares sur pieds où encore le "8" centré et maintenu par une barre horizontale. On trouve des pare-chocs bilame et des ailes plus ouvragées qui s'étirent vers l'arrière et accueillent les roues de secours, ces dernières sont ici en tôle et portent un enjoliveur central chromé.
Les portière découpées ne conservent que la partie basse, le toit ayant été retiré. Retiré aussi l'ont été les portes arrières qui sont remplacées par de simples échancrures pour accélérer la descente des fonctionnaires. Des fonctionnaires en nombre car deux banquettes ont été aménagées à l'arrière, cette place servant sans doute à ramener au poste le menu fretin interpellé par les force de l'ordre. Pour simplifier l'accès sur cette dernière banquette, de petits marchepieds ont été conçus et disposés au pied des ailes arrières, on imagine sans peine que nombreux sont ceux qui devaient allègrement s'appuyer dessus au cours d'arrestations musclées.
Si la capote est de belle facture, sa fixation est des plus sommaire, quasiment des piquets de tente! La planche de bord présente le minimum avec ses classiques compteurs ronds et ici une peinture en trompe l’œil façon bois. peut être une fantaisie faite lors de la restauration. Les essuie-glace sont par paire et chacun d'entre eux dispose de son moteur bien visible.
Solide et performante, 100 Km/h, la "400" dans cette version était un bel outil mais qui n'a pas du équiper en masse les postes de police tant elle devait coûter cher. Fabriquée entre 1930 et 1931 à 950 exemplaires, elle prouve que même des automobiles de ce statut trouvait toujours une bonne clientèle. Cette version carrossée par Schumann date quand à elle de 1930.

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Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 17 Avr 2019, 11:42

A Retromobile...

"Lancia Beta Montecarlo Turbo Groupe 5."

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"Les garçons bouchers."

Sur le site internet de Lancia, une page s'ouvre, preuve que la marque Transalpine respire encore. Tout y est écrit en Italien et au menu un seul et unique modèle, l'Ypilon. Peut être, et je le redoute, le dernier modèle de la marque avant son extinction. Commercialisée uniquement en Italie, elle est le dernier fil de vie avant une fin programmée...où un fantastique retour qui sais?
Lancia, une marque pourtant si prestigieuse qui aura marquée l'histoire et aura imprimé de son sceau le sport automobile dans les années 60/70 et 80. Fulvia HF, Stratos, 037,Delta et Delta S4, toutes pilotées par les meilleurs pilotes de l'époque, de véritables pointures. Mais Lancia aura aussi produit un très grand nombre de modèles ludiques, des cabriolets et des coupés aussi raffinés que sportifs.
Dans les années 70 la mode est tenace, les voitures de "garçon coiffeur" font un malheur! Ce sont ces coupés abordables basés sur des modèles de grande série offrant une ligne suggestive mais des mécaniques simples et souvent timorées. L'avantage c'est qu'elles sont bon marché, ont un look canon, offrent 4 places et sont extrêmement fiables. Renault 17, Ford Capri, Opel Manta, VW Scirocco, Fiat 128 et j'en passe, ces voitures s'arrachent et le phénomène prends fin au milieu des années 80.
Lancia lance à cette période sa berline Beta en 1972, elle va générer un grand nombre de déclinaisons dont une succession de coupés, la Montecarlo étant la plus radicale de toutes. Sortie en 1975 et signée Pininfarina, elle est la plus radicale, architecture à moteur central, deux places et une ligne franchement agressive, celle qui se nomme Montecarlo porte en plus un nom qui laisse dans l'imaginaire les images mêlées de luxe et de course.
La réalité est plus nuancée, si la base était en capacité d'en faire une véritable voiture de sport, Lancia l'a édulcoré avec une mécanique bien sage, un 4 cylindres 2.0 litres double arbre de seulement 120 chevaux. Pire, aux USA où elle se nomme Scorpion, elle est bridée avec un bloc 1.8 litres de 80 chevaux, une honte!
Sa carrière en pâtira, si les 7595 exemplaires vendus en 6 années de production sont loin d'être ridicules, elle aurait sans doute fait beaucoup mieux en offrant au choix un bloc plus musclé avec 50 chevaux de plus, quel gâchis...
Pourtant la Montecarlo aura sa version ultra puissante car la branche compétition, alors très active à cette époque, va s’occuper de son cas. Elle y est inscrite au championnat Groupe 5, une catégorie où la puissance ds modèles exige que les voitures soient très modelées côté aérodynamique pour offrir le meilleur appui possible et profiter des bienfaits de l'aérodynamisme tant elles sont rapides. La catégorie de ces modèles "silhouette" est trusté par les Porsche 935 qui raflent tout sur leur passage. Pour Lancia, voilà un défi qui intéresse le "Team" maison, on rêve alors de mettre fin à cette domination Allemande...ce qui ne va pas être simple.
La Montecarlo sera la base...mais très éloignée car seul la cellule centrale sera préservée, le reste va être entièrement modifié. La mécanique est confiée à Abarth, la carrosserie à Pininfarina.
Quand la voiture revient chez Lancia en 1978, elle est transfigurée, un monstre!! Si on arrive à retrouver la cellule centrale, le reste est élargi de manière spectaculaire. L'avant se dote d'un spolier raclant le sol, on retrouve la fidèle calandre mais 4 phares ronds changent littéralement son regard. Ils étaient nécessaires pour habiller l'élargissement du bloc avant. Des extracteurs d'airs sont ciselés dans le capot et on y a creusé des puis dont l'un sert au ravitaillement en carburant. De côté les portes semblent en retrait tant les ailes sont débordantes, celles de derrière servent à faire entrer de l'air frais pour refroidir le moteur mais aussi les freins. On a même été obligé d'adapter un rétroviseur à "rallonge" pour avoir un semblant de visibilité vers l'arrière.
La poupe très étirée et se relevant un peu es coupée net tout en étant surplombée d'un imposant aileron. Un extracteur d'air d'où lequel ressort l'échappement fait presque office de niche, on pourrait s'y abriter en cas d'averse!
A bord c'est "Top Gun", un baquet, un volant, des manomètres, le levier de vitesse et beaucoup de concentration sans oublier un talent de pilote pour maîtriser les fulgurantes accélération de cet engin diabolique. Le moteur est un 4 cylindres 1.4 litres à 16 soupapes et qui adopte un turbocompresseur KKK. Il en est ainsi extrait quelque 473 chevaux pour un poids inférieur à 800 kilos.
Elle débute la compétition en 1979 avec des pilotes de renommé comme Walter Röhrl et Ricardo Patrese mais la fiabilité n'est pas au rendez-vous. A la fin de la saison, elle es corrigée et finit deuxième au général...loin derrière Porsche.
En 1980 on trouve deux catégories Groupe 5 les moins de 2 litres et les autres, c'est là qu'elle pourra afficher haut ses nouvelles couleurs tricolores que sont celles du légendaire sponsor d'apéritif Italien "Martini". Juste un mot dessus, c'est sans doute l'une des plus belle décorations que l'on verra sur les automobiles de course avec "Gulf" et quelques autres. La Montecarlo domine largement sa classe et termine première sur les 10 épreuves de l'année et qui en comportent 11! Mieux, elle arrivera en tête aux deux premières places à Brands Hatch devant les Porsche 935!
On retrouve des résultats similaires en 1981 et pour 1982 on dope la voiture avec une cylindrée augmentée à 1773 Cc et en y adjoignant un second turbo, la nouvelle version de cette Montecarlo Groupe 5 sort maintenant 520 chevaux. Attention, les Porsche en affichent...800!
En 1983 elle quitte le plateau car Lancia à extrait de cette voiture un version rallye, la fameuse 037 et la catégorie monte en puissance côté médiatique, il y a donc une carte à jouer. Ainsi la Montecarlo va devenir la 037 pour devenir une vedette du championnat Groupe B mais ceci est une autre histoire.
Ce parallèle n'est pas un hasard car au moment où j’immortalisais cette voiture, j'étais persuadé qu'il s'agissait justement d'une 037 de piste! Erreur, c'est bien la Montecarlo Groupe 5 ici en version 1979. Il s'agit de la toute première des 11 modèles construits. Le dernier pilote qui en prendra le volant de manière officielle en 1981 sera un certain Michele Alboreto! Cette voiture sera restaurée sur deux années en 2015 et 2016 puis participera et remportera des épreuves classiques.
Ce monstre fabuleux est une des trois qui vont se suivre simultanément au cours de cette visite et pourtant vous le savez, les voitures de course, c'est pas franchement mon truc sauf qu'ici...elles ont réussi à me fasciner.

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Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 17 Avr 2019, 12:30

A Zwickau...

"DKW Front F1 Roadster."

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"Savoir faire front."

Zwickau, Saxe, Allemagne, voilà où ont situées les usines DKW dont la marque automobile voit le jour en 1917. Les initiales de DKW signifient "Dampf Kraft Wagen", soit "Véhicules mus par la vapeur". Une version plus poétique fait aussi état de "Das kleine Wunder", soit "La petite merveille", plus amusant quand même.
Le fondateur se nomme Jörgen Skafte Rasmussen, un nom bien germain mais pourtant d'origine Danoise, il n'en était pas un sale...ami pour autant. Au départ DKW ne fabrique que des moteurs puis lance une gamme de deux roues. Il faudra attendre 1928 pour qu'une première automobile soit mise sur le marché, la "P15". Son moteur deux temps de 15 chevaux se montre bruyant et consomme beaucoup, sa réalisation est rustique et la voiture mise sur un prix accessible pour attirer sa clientèle. Assez dénigrée par la critique, la petite "P15" se vends néanmoins à environ 2000 unités jusqu'en 1931, année où elle cède sa place à notre "F1", non pas une formule 1 la petite "Front".
Mais revenons à 1928, c'est cette année où Rasmussen porte un coup à Audi et devient majoritaire en achetant la majorité des actions de la marque en difficulté. Et ce n'est qu'un début car la suite sera mouvementée et rude pour Audi, poursuivons...
La "F1" est donc exposée pour la première fois au salon de Berlin 1931. Il s'agit là encore d'une minuscule voiture aux velléités populaires. Le style est vraiment représentatif de l'époque et sans grande identité. Seul un expert de la marque saura la reconnaître au premier regard, les autres devront lire le nom sur le badge posé sur la calandre. C'est d'ailleurs cette dernière qui se montre la plus originale avec sa forme inclinée dans sa partie basse. Tiens, c'est amusant mais la partie haute ressemble elle diablement à celle utilisée par Lancia à la même époque.
La gamme est très simple pour des raisons économiques mais aussi pour comprimer son tarif. Elle est constituée d'un coach deux portes qui pouvait être équipée d'un toit ouvrant et d'un cabriolet à deux places qui en fait donc un roadster. Oui, en 1931 la déferlante de la crise venue d'Amérique frappe l'Europe, les constructeurs doivent s'adapter.
Un seul moteur lui est attribué, le bicylindre maison deux temps 585 Cc de 15 chevaux, elle est capable d'un petit 70 Km/h. Un minuscule berlingot mais qui suffit sur cette voiture de manège qui à la vertu d'être bien légère. Une des raisons de ce poids de sylphide est sa carrosserie de type Weymann fait d'une armature en bois sur laquelle est posée une peu imitation cuir, un procédé qui en plus est plus économique que de presser des emboutis métalliques.
Il était envisagé de lui proposer une mécanique encore plus petite de 494 Cc, si elle a bien été conçue et mise au point, elle ne sera jamais proposée à la vente. Pourtant le catalogue la mentionnait avec un prix d'appel encore plus bas, une sorte de publicité mensongère. Mais le fait le plus étonnant est qu'elle soit dotée de roues avant motrices et sera l'une des rares automobiles à s'équiper de ce type de transmission. Légère, maniable, la "Front" est au final une petite bagnole bien sympa à conduire et faite aussi pour démocratiser l'automobile aux femmes qui sont bien peu nombreuses à prendre le volant, ça a bien changé et tant mieux.
La voiture est donc assemblée à Zwickau mais c'est près de Berlin, à Spandau que la majeure partie des pièces est fabriqué. On estime à 4353 modèles de "F1" produites uniquement entre 1931 et 1932, en pleine crise financière, un bon choix donc que ce modèle économique et bon marché. C'est aussi en 1932 que DKW intègre Auto Union en regroupant les marques Horch, Audi Wanderer et évidemment DKW, tout ceci afin de survivre au sein d'une seule et unique entité. On à vu avec l'histoire d'Audi comment ce ménage à 4 à trouvé son dénouement.
Avec sa capote en forme de casquette et ses roues à voile plein, ce petit roadster de 1931 semble tout droit sortit d'un album de Tintin. Restaurée à neuf, elle symbolise pour DKW une étape importante de son histoire, à suivre donc. Notez que le modèle à deux places ici présenté a été fabriqué à 817 exemplaires.

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