"Voisin Type C7."



"La fête des Voisin."
Pointilleux, soucieux du moindre détail, minutieux, Gabriel Voisin est un perfectionniste qui ne laisse aucun détail au hasard. En 1907 il est l'un des pionniers de l'aventure aéronautique et ouvre sa priopre société, celle des avions Voisin.
Le séisme de la première guerre mondiale fera aussi la fortune de Voisin, ses avions commandés en masse par l'armée lui permet de faire fructifier son entreprise si bien qu'en 1920 il lance sa première voiture. Voisin s'appuie sur son expérience aéronautique pour en dupliquer la technologie à ses automobiles.
Les automobiles Voisin, qui portent en réalité le nom d'"Avions Voisin" sont donc des modèles élitistes et très à la marge de ce que proposent les autres fabricants. C'est avec ces modèles avant-gardistes et luxueux que les automobiles Voisin sont commercialisées. Voisin réalise tout et ne pioche nulle part ailleurs. Ainsi ses moteurs, les carrosseries, les châssis, tout est fabriqué par ses soins et il propose très rapidement une C2 à moteur V12 comme haut de gamme. Il n'est pas étonnant d'apprendre qu'il était ami avec un certain Le Corbusier et que les deux hommes avaient des projets communs.
Contrairement à d'autres constructeurs, Voisin vendra ses modèles avec ses propres carrosseries, toujours réalisées en aluminium, et quand on voit une automobile Voisin, on comprend mieux pourquoi leur propriétaires ne souhaitaient pas les faire rhabiller. Ces voitures à fort caractère avaient un charisme comme nulle autre, de taille imposante elles étaient très différentes de ce que proposait ses rivales et offrait des solutions souvent inédites tirées là encore de l'aviation. Outre leur incroyable esthétique, les Voisin offraient un habitacle décalé fort soigné fait d'habillages en aluminium brut et de tissus aux motifs art-déco, rien à voir donc avec le cuir et le bois des luxueuses Anglaises par exemple. N'oublions pas l’emblème mythique de la marque, sa cocotte en métal qui orne avec fierté la calandre de ses modèles.
La fabrique connaît un joli succès et sort 1000 voitures par an ce qui est considérable pour des voitures aussi chères et se paye même le luxe de traverser habillement la crise de 1929. Voisin recrute même un certain André Lefèbvre qui plus tard marquera, l'homme qui sera l'un des pères de la Citroën Traction avant mais aussi la 2CV et la DS, rien que ça!
Les années 30 marqueront l'apothéose de Voisin avec pour moi les plus beaux modèles et les plus inventifs comme la C28 par exemple mais c'est aussi la fin de leur fabrication en 1939 avec l'arrivée de la seconde guerre mondiale.
Une tentative de petites voitures à bas coût sera lancée en Espagne avec la Biscooter dès 1950 mais l'âme de la légendaire marque n'y est plus. Spécialiste des opulentes automobiles, il était compliqué de s'essayer à l'exercice inverse. Voisin cesse toute activité en 1958 et l'homme à la cocotte nous quitte le soir de noël 1973.
Contrairement à de nombreuses marques, Voisin ne réussira jamais à s'imposer dans le monde du sport automobile. Cette discipline était à l'époque le meilleur média pour faire parler d'une marque, une réclame que tout le monde où presque se disputait. Restait un joker, les records. Là encore la plupart des fabricants automobiles s'y essaieront, souvent avec d'excellentes retombées.
La C7 qui nous intéresse ici naît en 1924 et pour une Voisin, c'est un "petit" modèle. Remplaçante de la C4S, elle est disponible en quatre configurations, un châssis nu, un torpedo sport, un coupé de ville où une conduite intérieure. Son moteur fait appel à un quatre cylindres en ligne de 1551 Cc de 40 chevaux qui lui autorisait un bon 110 Km/h.
Viendra par la suite une version rallongée, la "L" qui offrait plus d'espace et de confort pour les passagers.
La carrosserie en aluminium de la C7 lui apportait une vraie légèreté mais on trouve des innovations intéressantes comme les malles logées sur les ailes avant qui ont pour but de mieux répartir les masses de l'auto, rien n'est laissé au hasard chez Voisin.
En revanche, je n'ai rien trouvé sur cette automobile réalisée par la carrosserie Tessier en 4 mois. Elle reprends la ligne d'un modèle de course ayant remporté dans sa catégorie en 1923 la course de "La Route des pavées". On identifie le look si particulier des voitures de Gabriel Voisin, elles reprennent nombre d'attributs tirés d'aéronefs. Quelle imagination, quelle créativité et quel jusqu'au boutisme dans les détails. Et même si ici tout est sans doute reconstruit, je ne doute pas une seconde que la voiture originale fourmillait de ces savoureux détails que sont ces véritables figures imposées aux Voisin.
















































































































Plaisir et Authenticité 
