"Rolls Royce Phantom I Barker."


"Le fantôme du temple."
Fondé en 1904, Rolls Royce se positionne immédiatement sur le créneau du haut de gamme et vend déjà ses automobiles à des sommes folles. L'automobile est déjà un objet de luxe à ses débuts mais Rolls Royce veux y apporter sa différence avec des voitures fabriquées entièrement à la main et dotées des matériaux les plus luxueux associés à de robustes et puissantes mécaniques. A cela s'ajoutera un confort incomparable lié à des moteurs extrêmement silencieux et dénués de toute vibration.
La légendaire Silver Ghost devient alors la référence lors de sa présentation en 1907, elle est vendue sous forme de châssis nu et se fait alors endosser un costume par des carrossiers bien inspirés et rondement rémunérés qui se feront alors une joie d'habiller pour la plus grand plaisir de leur propriétaires.
Ce modèle établira la légende de la marque, un fondement inoxydable qui se perpétue de nos jours sans jamais avoir vacillé. La Silver Ghost s’effacera en 1926 pour laisser place à la Phantom puis à la Phantom II en 1929.
Comme toujours sa réalisation fait appel à ce que l'on fait de plus sérieux à l'époque et la fabrique ne mégote sur aucune dépense, tout doit être parfait, le prix ne compte pas. Ajustages au millimètre, finitions haut de gamme, matériaux d'exception, ouvriers exceptionnels, une Rolls ne doit jamais être surpassé par une autre voiture.
Sur la Phantom, le moteur est un 6 cylindres en ligne de 7.7 litres affichant 120 chevaux. Il est équipé d'une boîte à 4 rapports synchronisés sur les deux dernières vitesses. Les 4 freins sont dotés d'une assistance et la suspension a été amélioré.
Comme toujours Rolls fournit la plupart de ses châssis à des carrossiers indépendants à la demande du client afin de lui offrir un habillage exclusif et souvent unique. Sa carrière cesse en 1935 et il se sera vendu 1680 exemplaires.
C'est le carrossier Anglais Barker qui va apposer sa signature sur ce modèle de 1927. C'est un spécialiste des Rolls et il en fera passer bon nombre dans ses ateliers. Le panel de son travail est vaste, Barker réalise de superbes modèles qui séduisent les plus grandes fortunes, en Inde les Maharaja en possèdent tous une dans leur garage. Du "boatail" ostentatoire à la version découvrable destinée aux parties de chasse au fauve! Et ça tombe car Barker est capable de tout faire où presque. Ici, il a concocté une sage berline au dessin classique voir stricte. La ligne structurée faite de contours géométriques fait ressortir un style "art déco" fort marqué, elle en serait presque une caricature des voitures de luxe des années folles. La ligne s'étire derrière cette calandre en forme de temple grecque. D'ailleurs c'est étonnant quand on y pense, cette pièce d'architecture sortie d'un édifice semble parfaitement coexister avec le monde de l'automobile! Ce grand ensemble avant abrite le moteur comme un carter de protection sur une mécanique de bateau. Les ailes simplement travaillées ont elles aussi avant tout une utilité, retenir les projections des roues, tout comme l'habitacle qui sert de cocon protecteur aux occupants. C'est le lot commun des automobiles au départ, des objets pratiques où chaque détail, à une utilité où une fonction, la forme était secondaire tant qu'elle respectait ce qu'on lui demandait. Tout se jouait avec des détails, comme le dessin de la calandre où la taille du véhicule.
Le vrai luxe était à bord en réalité, on ne cherchait pas encore à en mettre plein la vue, on voulait profiter de son automobile pour s'y sentir comme chez soie et ça Rolls Royce savait faire. Toutefois, ces châssis nus laissaient libre cours aux carrossiers indépendants, Rolls Royce n'intervenait pas dans les habillages. Mais Barker avait aussi une main d'oeuvre qualifiée qui respectait scrupuleusement un lourd cahier des charges, le client qui venait chercher sa voiture à l'usine devait en avoir pour son argent, il en allait de la réputation de l'artisan.
C'est le vice président de la "Cromwell Steel Company" qui sera le commanditaire de cette Phantom I. L'homme résidait à cette époque à Paris, à l'hôtel Meurice. Son histoire se serait ensuite diluée dans le temps avant que le musée en fasse l'acquisition en 1960 alors que la Rolls était partie en Allemagne, à Stuttgart. Si le nombre de Rolls Royce est fait de petites quantités, ce sont des modèles qui ont en grande majorité été préservées grâce à leur standing, l'immense majorité de la production ayant survécu aux années.






























































































Plaisir et Authenticité 
