"Cadillac Series 62 Coupé De Ville."



"Une autre dimension."
Quand on prononce le nom de Cadillac à son entourage, on se réfère à ces deux décennies que sont les années 50 et 60. Et c'est normal, c'est l'époque où le style automobile sera à son apogée aux USA et sur la planète entière, des automobiles baroques au possible et sur-stylisées et outrageusement travaillés. Cadillac n'y fera pas exception, au contraire, il surfera sur cette mode pour en devenir le symbole avec son millésime 1959 qui restera, je pense comme la plus iconique de toutes avec ses inoubliables ailerons entrés à jamais dans la légende.
Hearley Earl sera le père de la légendaire Série "62" au sein du design chez Cadillac mais dès sa seconde génération sortie après guerre, il en figera les lignes géniales qui symboliseront la voiture Américaine de rêve par excellence. Son coup de génie sera ce long capot formant en son extrémité un "nez" souligné par une épaisse calandre chromée et des feux ronds de chaque côté. L'arrière relevé par deux petits ailerons sera un signe distinctif typique de la Série "62" de cette époque, un régal pour les yeux. Cette voiture imposante, épaisse et spectaculaire sera le rêve de nombreuses familles Américaines et semblait chez nous en Europe être le symbole du luxe suprême.
Ce "standard" qui va séduire les amoureux de belles carrosseries se modernisera des l'apparition de la troisième génération en 1948. Toutefois au départ, l'avant va s'écraser, la calandre deviendra plane avant de ressortir en 1951 pour y trouver définitivement son style.
L'année suivante voit ses "Dagmar" (ces curieux obus en bout de calandre inspirés par la poitrine d'une présentatrice de télévision Américaine) enfler, cette chirurgie esthétique lui fait gagner quelques bonnets. Puis en 1953 elle en profite aussi pour se refaire faire les lèvres, le bouclier est désormais scindé en deux parties.
En 1954 arrive la quatrième génération. Visuellement il faut un œil très avertit pour les distinguer, le pare-choc avant rebique désormais légèrement vers le haut pour s'incorporer aux fameux "obus" décoratifs, la calandre est grillagée et surtout le pare-brise devient désormais panoramique.
Pour l'année 1955, le profil voit la moulure latérale verticale devenir plus courte, seule la partie haute reste rejointe par la baguette décorative latérale, le clignotants passant désormais sous le phares, collés à la partie supérieure du pare-choc. Notons aussi que la "poitrine" est une fois de plus "siliconée", les obus étant désormais presque des dangers pour les piétons! Le moteur est un V8 5.4 litres de 210 chevaux.
Enfin en 1956 peu de changements si ce n'est l'apparition d'un pli au niveau des flancs arrières qui en profitent pour se parer de chrome en plus, comme si il n'y en avait pas encore assez. Ce sera le dernier millésime de la version "IV" de cette série "62" qui laisse place en 1957 à une cinquième version.
C'est en quelque sorte l'aboutissement de la troisième et quatrième génération dont elle reprend les formes assez arrondies mais en s'étirant un peu juste avant le mythique et le plus célèbre de tous les modèles de 1959. Cet immense paquebot sera lui aussi vendu sous diverses formes, une berline, un coupé et un flamboyant cabriolet.
Côté style, c'est la surenchère, une grosse et large calandre chromée qui incorpore toujours cette opulente poitrine de métal. S'ils sont désormais recouverts de caoutchouc mais font toujours de l’effet. Le capot est moins bombé et la proue est "limée" et moins pointue que par le passé, la calandre est elle aussi modifiée et n'a plus sa barre transversale. Le pli de tôle partant du phare se poursuit sur la portière désormais et le passage de roue est entièrement arrondit en perdant son chrome qui soulignait les flancs. La décoration verticale est gommée mais une autre prends maintenant place plus en retrait et dans la partie inférieure, en amont des ailes arrières. La baguette de chrome perdue à l'avant...est comme partie derrière maintenant! La lunette arrière panoramique fait aussi évoluer le dessin de la custode et nous emmène vers une poupe inédite et encore plus spectaculaire. Les ailerons sont encore plus hauts, plus anguleux, de véritables feuilles de boucher! Les feux ne sont plus logés en haut mais en bas sous la forme d'une double paire ronde. Les sorties d'échappement sont toujours dans le pare-choc mais verticales, quel spectacle! Un show qui ne durera qu'une année car en 1958 la voiture est encore remodelée!
Signe très caractéristique de cette nouvelle version, la double paire de phares qui élargit visuellement la voiture et la modernise. De profil la ligne exhibe toujours son inévitable pare-brise panoramique mais surtout des ailerons très imposants à l'arrière. L'ensemble de la voiture est paré de chrome semblant étirés par le vent sur toute la carrosserie, ça brille comme jamais, viva Las Vegas! Cerise sur ce gigantesque gâteau, la présence de l'optionnel "Continental kit" constitué d'un emboutit rajouté à l'arrière sur lequel est incorporé la roue de secours, je crois que côté déco, on ne pouvait faire plus surchargé!
Il se dégage de cette voiture une impression étrange, de la lourdeur mais aussi un côté aérien indescriptible non dénué d'élégance malgré tout. C'est comme un Airbus A380, il est étourdissant par ses proportions mais on se demande comment une telle masse peu voler! Avec des innombrables figures de style recouvertes de chrome par kilos, l'Eldorado 57/58 pourrait être à elle seule un catalogue d'accessoires de décoration automobile. D'ailleurs c'est un véritable exploit et on serait en droit de se demander si on pourrait encore faire ça aujourd'hui tant les détails sont nombreux et d'une minutie rare, je vous recommande de les regarder de près un jour, observez le maillage d'une calandre pour mieux comprendre mes propos, impossible à reproduire à grande échelle aujourd'hui. Pourtant on est capable de dupliquer par million des écrans tactiles incorporant GPS, radio et commandes de climatisation!
L'habitacle spacieux (un minimum vu la taille de la péniche) est particulièrement soigné, de nombreux habillages peuvent recouvrir les garnitures de ce modèle mais tout un catalogue permettait au client de choisir les matériaux et coloris pour se faire un modèle à la carte. Quand à l'équipement, il était ultra complet et représentait ce que l'on pouvait faire de mieux en la matière.
Pour 1957, le V8 6.0 litres développe 325 chevaux, là encore il a pour lourde tache de mouvoir cette lourde carcasse d'acier, plus de deux tonnes.
En 1958 peu de changements pour ce millésime à part quelques détails, le moteur gagne 20 chevaux et en développe désormais 355. Pour la petite histoire, sachez que sur commande spéciale le cabriolet pouvait être équipé d'un système de fermeture automatique dès que de l'eau tombait sur la carrosserie grâce à un capteur, trop fort non?!
Les "Series 62" sont assez présentes en France et cette spectaculaire berline sans montants est une des plus belles et encombrantes représentantes de la saga. Ici on trouve un modèle de 1957, un coupé qui n'en a que le patronyme car avec plus de 5.61 mètres de long, il vous faudra un sacré garage pour ranger la belle et encombrante Américaine.







































































































Plaisir et Authenticité 
