A Retromobile...
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Stutz DV32 Berline Armbruster."

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Ma petite entreprise..."
Marque peu connue mais pourtant riche d'histoire, Stutz à été l'un des fleurons de l'automobile Américaine à ses débuts. Harry C Stutz présente son premier modèle en 1911 et la destine à courir sur le célèbre circuit d'Indianapolis inauguré cette même année, il terminera à la 11ème position.
La "266" est le premier modèle de série à être vendu dès 1912, son quatre cylindres fort de 60 chevaux en fait une voiture très performante mais aussi particulièrement onéreuse, un modèle d'exception réservé à une poignée de connaisseurs.
Viendront ensuite des 6 et 8 cylindres toujours très affûtés qui font croître l'activité de Stutz , l'entreprise prend son envol et fabrique désormais tout ses moteurs. Pour trouver une nouvelle clientèle moins fortunée et élargir sa clientèle, une voiture plus économique sort en 1924, elle vaut moitié moins que les versions les plus chères, ça paye car en 1926 les record de ventes explosent, c'est l'euphorie. Il faut dire qu'en 1925, l'arrivée à la tête de la marque d'un nouveau président, Frederic E Moscovicz, va tout chambouler. L'homme vient de chez Marmon et ne manque pas d'ambition, c'est lui qui fait accélérer le développement d'un nouveau huit cylindres en ligne de 4.7 litres qui va vite voir sa cylindrée passer à 5.4 litres. Son châssis surbaissé lui assure une meilleure tenue de route et ses freins hydrauliques ralentissent avec efficacité l'ensemble.
La gamme grandit et le choix de carrosseries proposées est large, il est évidemment possible de faire habiller son châssis chez un grand carrossier si l'on souhaite un modèle unique.
En 1928 une Stutz termine deuxième aux 24 heures du Mans, une publicité qui n'arrivera pas à faire remonter les ventes qui subiront de plein fouet la crise du jeudi noir de 1929.
Oui, un mot d'actualité que celui de crise, celle de cette fin des années 30 sera terrible et va toucher gravement tous les milieux, l'automobile n'y échappe pas, il faut se montrer stratège où mourir. Stutz est mal, le marché des voitures de luxe es touché de plein fouet, seule les marques les plus renommées ont une chance, il reste toujours une clientèle, les autres moins connues restent sur le carreau. Stutz n'a pas l'aura de Cadillac où Packard aux Etats-Unis, ces dernières marques se sont forgées une réputation béton et une image forte notamment grâce à leurs modèles incroyables à moteur 12 et 16 cylindres.
Pour Stutz, la voie à suivre est d'exploiter le potentiel client haut de gamme et de grignoter les miettes laissées par ses rivaux. On charge Charles Greuter d'optimiser le plus gros huit cylindres de la marque, il est impossible de financer une mécanique nouvelle plus grosse. Ce bloc dont l'origine remonte à 1926 est moderne, arbre à came en tête, double allumage, il a même terminé second aux 24 Heures du Mans 1928, il était monté sur la Stutz "DV16" d'une équipe...Française!
Greuter travaille à nouveau ce huit cylindres et va en faire un véritable petit bijou technologique. Sa cylindrée passe à 5277 Cc et surtout il dispose d'un double arbre à came en tête et d'une culasse à 4 soupapes par cylindres! Avec 32 soupapes, le modèle prends le nom de "DV32". Il développe 156 chevaux et sur le papier, se montre supérieur aux V12 et V16 Cadillac et Packard.
La "DV32" offre un châssis surbaissé et 4 freins hydrauliques assistés, l'ensemble est accompagné d'un certificat attestant que cette base est capable de rouler à 100 Mph. Un petit exploit car parfois et comme ici, ces modèles pesaient jusqu'à 2.5 tonnes!
C'est au salon de New York 1931 que le public la découvre mais malgré un joli bagage technique, la "DV32" passe inaperçue, les Américains n'ont d'yeux que pour ces modèles à moteurs V12 et V16 pourtant plus rustres. C'est un vrai flop, Stutz cesse de la produire en 1934 mais les stocks restent sur des parkings jusqu'en 1936 avant de tout liquider. Très peu de "DV32" seront construites, on parle de 105 où 206 châssis au total, ce qui est anecdotique.
Chacun de ces châssis pouvait recevoir une carrosserie usine où se faire habiller par une entreprise extérieure. C'est le cas de cette berline faite en Autriche par la carrosserie Armbruster. Elle était commandée par un écrivain Américain résidant en Suisse, sa petite entreprise ne connaissait sans doute pas la crise. L'homme la conservera jusqu'en 1970, elle sera ensuite remisée et ne roulera que...5 miles jusqu'à aujourd'hui! Restée dans son jus, cette "DV32" conserve avec elle tous les attributs de ces automobiles haut de gamme. Une multitude de détails ne trompent pas comme le superbe accastillage d'époque, les grands phares, les chromes épais où bien encore les petits logos "DV32" subtilement disposés sur la carrosserie. L'intérieur patiné à souhait à sans doute pris l'humidité mais il exalte un parfum de luxe et de raffinement rare.
Des parties décapées sont le signe qu'un début de restauration était sans doute envisagé, peut être qu'un carrossier à voulu voir si tout était OK sous cette peinture d'origine. Reste maintenant à lui redonner une seconde vie, un travail de longue haleine et lourdement facturé mais que mérite ce véritable bijou et cette authentique rareté et sans doute pièce unique avec sa signature Autrichienne.










