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bubu

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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 16 Sep 2020, 03:48

A Retromobile...

"Ferrari F430 Spider 16M Scuderia."

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"La fièvre jaune."

Le passage à un nouveau millénaire va se dérouler sans le moindre souci pour Ferrari, la 360 Modena va le matérialiser avec une auto facile à prendre en mains, bien finie et au tempérament de feu, le tout avec des lignes nouvelles douces mais fortement marquées.
C'est donc une sorte de grosse évolution de ce modèle que lance en 2004 Ferrari avec la F430. Si en filigrane on retrouve la ligne de la Modena, la face avant et la partie arrière sont les parties qui sont les plus modifiées. Fini les grands feux sous une large bulle et place à de fins optiques étirés vers le haut des ailes. A l'arrière, l'épais bandeau qui recevait auparavant les feux ronds est oublié, les quatre jolis "rubis" ont mincis et sont remontés de manière à déborder sur le haut des ailes arrières, magnifique touche de style inauguré sur l'exceptionnelle Enzo. Derrière, le moteur est toujours visible sous sa vitrine déjà vue sur la Modena, un spectacle qui ne laisse jamais personne indifférent. En dessous, un très large et haut diffuseur annonce la couleur, puissance et prestige d'une marque qui à cette époque brille en formule 1.
Son moteur est partagé avec Maserati, c'est une évolution du V8 de la 360 Modena mais qui passe de 3.6 à 4.3 litres, la puissance affiche désormais 490 chevaux, ça cause. Pour se servir de cet incroyable joujou, place désormais à la boite "F1" robotisée, le client n'a plus le choix, la boite mécanique et sa grille sont désormais rangées au musée du Cavallino...sniff! Bon, vous le savez, j'adorais cette grille mais force est de constater que la boîte Ferrari à palettes au volant est un "must", ultra réactive, elle permet d'enchaîner les rapports à la vitesse de l'éclair et sans le moindre "trou", les performances en sont améliorées et son maniement fait l'unanimité. D'ailleurs côté chiffre, avec 21,6 secondes au kilomètre départ/arrêté et 315 Km/h en vitesse maxi, ils sont similaires à ceux d'une F40, la messe est dite. Sauf que là, adieu la brutalité et la rusticité de l'ancienne supercar, pire, un jeune permis n'aura aucun mal à la prendre en mais en usage quotidien tellement ces Ferrari de "l'an 2000" sont devenues domestiquées. Un choix assumé fait depuis longtemps par Porsche mais qui n’efface en rien la brutalité de l'engin une fois le pied droit plaqué à l'horizontal, une Ferrari reste une Ferrari et les clients (et clientes désormais) apprécient cette attention.
Viendra en 2007 l'arrivée de la version "Scuderia", allégée de 100 kilos et musclée de 20 kilos, elle restera la plus phénoménale de la gamme. Puis en 2008, la marque Italienne duplique le concept sur une version Spider qui prendra le nom de "16M" afin de célébrer son 16 ème titre en formule 1.
La recette est celle de la "Scuderia" en gros. Cette déclinaison cabriolet s'offre un large bouclier avant redessiné, une assise abaissée de 15 Millimètres, des jantes de 19 pouces et d'un pare-choc arrière à large diffuseur où les sorties d'échappement émanent de part et d'autre de la plaque d'immatriculation. des badges "16M" sont fixés sur les ailes avant et il est possible là encore de cocher bon nombre d'options de personnalisation qui font toujours exploser la facture...comme si elle n'était pas suffisamment chère à l'achat,
A bord on retrouve l'univers Ferrari avec un style plus "racing" où abonde la carbone et l'alcantara. L'équipement a été légèrement allégé et on a utilisé des matériaux qui font gagner un peu de poids, ce modèle pèse 80 kilos de moins que le classique Spider. Une plaque en métal précise que vous êtes à bord d'une version rare et limitée à 499 exemplaires.
Le V8 4.3 litres sort 510 chevaux pour un poids de 1340 kilos. La décapotable transalpine effectue un 0 à 100 en 3.7 secondes et peut monter à 315 Km/h. Le tout est obligatoirement lié à la boite robotisée aux passages éclair. Véritable sportive de grand caractère, cette version est l'une des plus désirable de la gamme F430 et un collector en puissance.
Celle-ci à été vendue neuve à Levallois le 28 septembre 2009 chez Charles Pozzi. La teinte jaune "Giallo Modena" lui va comme un gant. Elle dispose en option d'étriers de frein jaunes où encore de bagages spécifiques ainsi que d'habillages imitation carbone pou les parties basses. Avec 21.857 kilomètres, ce fort désirable joujou était estimé entre 330.000 et 380.000 mais restera invendue.

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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 17 Sep 2020, 03:54

A Retromobile...

"Delage D6 3L Berline Chapron."

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"Au service du président."

Delage est l'une des plus grande marque de l'automobile Française et qui a fait sa réputation grâce à des voitures de haut standing. Apparue en 1905, Delage fera très souvent appel à de multiples carrossiers pour habiller ses châssis et servir une clientèle riche pouvant s'offrir souvent une auto unique. Mais à partir de 1929, Delage va nourrir de grandes ambitions et voir trop gros en voulant brouter l'herbe sous le pied des plus grandes marques de prestige comme Hispano Suiza par exemple. Ses modèles "D8" à huit cylindres devenant l'étendard de la marque seront commercialisés lors de la crise de 1929 et se vendront mal, il faudra revoir ses ambitions à la baisse et vendre des modèles moins onéreux comme la "D6" à moteur six cylindres.
En 1935 une fusion avec Delahaye est opérée, Delage commercialise alors une gamme de modèles proposant des moteurs à 4, 6 et 8 cylindres, une large palette qui comme auparavant seront carrossables chez les plus grands noms de l'artisanat Parisien à des prix souvent dantesques.
Ces fantaisies avaient un coût et la deuxième guerre mondiale lui sera fatale tout comme l'arrivée de la standardisation dans les années 50, Delage met donc la clé sous la porte en 1953 à l'image de nombre de marques artisanales de prestige, la fin d'un époque.
La "D6" sera donc produite entre 1930 et 1950, sa production étant stoppée entre 1940 et 1946. Ces modèles reçurent un immense nombre de carrosseries différentes, on pourrait même dire que chaque "D6" est unique car réalisées à la carte.
La "D6.70" arrive en 1937, elle succède à la "D6.65" elle commercialisée en 1935. Son moteur est le six cylindres en ligne 2729 Cc qui développe 68 chevaux et peut recevoir en option la fameuse boite électromagnétique "Cotal". Tiens, puisque j'en parle souvent sans vraiment détailler, je vais un peu vous expliquer comment fonctionne ce que l'on appelait aussi le "moutardier". La boite "Cotal" était une petite merveille, placée derrière le volant, il suffisait de sélectionner la marche avant puis enfin du bout du doigt changer les rapports dans la petite grille sans avoir à débrayer. Regardez sur les photos, vous la verrez en images. Le conducteur conserve ainsi les deux mains sur le volant et ne fait plus le moindre effort, un véritable agrément mais qui avait un prix.
Ces voitures seront aussi connues et réputées pour l'élégance de leur lignes dessinées par le plus grands noms de la carrosserie Française. Letourneur & Marchand, Franay, Chapron où encore Figoni & Falaschi. Avec Saoutchik, c'est l'un de mes carrossier préféré, les voitures signées Figoni & Falaschi étant en général de véritables œuvres d'art sur roues.
C'est ici Chapron qui a été mandaté par l'assemblée nationale afin de mettre à la disposition d'Edouard Herriot qui en était alors le président, une voiture digne de son rang. Le châssis parvient fin juillet 1952 chez le carrossier qui à comme consigne d'en faire une berline statutaire. Ainsi on découvre une automobile adoptant le schéma de la ligne "ponton" à ailes intégrées. Ces dernières encore bien charnue accompagnent un calandre verticale encadrée de phares ronds qui lui donne un style on ne peut plus classique et sobre. Rien d'ostentatoire dans la décoration de cette voiture, les éléments chromés restant fins et discrets.
La ligne de caisse presque horizontale s'incline légèrement vers l'arrière pour en dynamiser légèrement l'allure. Les longues ailes avant sont écorées d'extracteurs d'air soulignant la présence d'une noble mécanique. Les portes arrières semblent en revanche bien petites pour une berline avec chauffeur et les ailes débordantes illustrent la période transitoire entre les automobiles du passé à ailes apparentes et celles d'après guerre où elles s'intègrent à la caisse.
La grande lunette en trois parties apporte de la lumière à bord mais la malle fort classique laisse penser que Chapron à achevé rapidement cette poupe simple et sans grand génie je trouve.
Apanage des modèles haut de gamme à cette époque, elle possède encore une conduite à droite. Le chauffeur dispose devant lui d'une planche de bord en noyer et de sièges recouverts de tissu. Cette présentation sobre est fidèle à l'emballage extérieure. Derrière une simple banquette mais à l'époque une vitre de séparation chauffeur isolait le président de l'assemblée nationale de son chauffeur.
Fidèle à son bloc six cylindres, ce dernier de 3.0 litres sort ici 90 chevaux, l'ensemble permettant de voyager confortablement à une bonne allure.
Conservée avec sa patine, cette D6 achevée en 1954 es l'une des toutes dernières construites et sera vendue 19.072€. Une somme fort convenable pour une auto unique de ce pedigree mais qui demandera un "petit" effort financier afin qu'elle retrouve le lustre de son passé.

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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 18 Sep 2020, 04:11

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"Mercedes-Benz 710 SS 27/140/200HP Sport Tourer Fernandez & Darrin."

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"L'étoile et l'éléphant."

Certes, Mercedes est un constructeur de plus à inscrire ses voitures en course mais la jeune marque peut se targuer d'avoir remporté le Grand Prix de France en 1914 et les 500 Miles d'Indianapolis en 1915. La première guerre mondiale mettra entre parenthèses ces exploits sportifs, toutefois la marque à l'étoile fabrique encore des moteurs d'avions et développe la conception du compresseur, cet accessoire qui est en quelque sorte l'ancêtre du turbocompresseur.
A la paix revenue, Mercedes place sa précieuse turbine sur l'ensemble de sa gamme dès 1921. Mais d'autres le proposeront aussi au cours des années 20 comme Bentley où Bugatti.
Entré chez Daimler en 1923, Ferdinand Porsche est chargé de mettre au point une redoutable voiture de course pour la Targa Florio, Mercedes remporte cette épreuve mythique en 1924. Deux ans plus tard Benz fusionne avec Mercedes pour ne former plus qu'une seule et même marque, Mercedes-Benz.
De cette union naît la Type S en 1927, c'est le fleuron de la marque et elle est le fruit du travail de Ferdinand Porsche. Elle s'équipe de fabuleux moteurs six cylindres en ligne qui peuvent recevoir l'appui du fameux compresseur, on est capable ainsi d'atteindre des puissances folles pour l'époque, 225 chevaux! Si la fiche technique est incroyable dans les années 20, le châssis est en revanche moins technique et ne permet pas d'exploiter au mieux cet engin qui en plus est bien lourd et encombrant. On les surnomme les "éléphants blancs"!
Pour exploiter ce potentiel quelque peu gâché, on élabore un modèle plus léger et surtout plus compacte, son empattement réduit de 45 centimètres lui fait porter la lettre "K", non pas pour "Kompressor" mais pour "Kurtz", court en Français. On va en plus déporter la mécanique plus vers l'arrière et abaisser le centre de gravité, la nouvelle "SSK" semble avoir enfin réuni tout ce qui lui manquait pour devenir une voiture de course redoutable.
Mais la course à la puissance s'intensifie, Née S400 pour 4.0 litres, elle est suivie de la S630 de 6.3 litres de cylindrée. L nomenclature faite de chiffres semble alambiquée mais est très claire en réalité, par exemple une 25/170/225HP signifie 25 chevaux fiscaux, 170 chevaux sans la mise en route du compresseur et 225 lorsque ce dernier est actionné.
Fin 1927 arrive la 680 de 6.8 litres de cylindrée si vous avez bien suivi. Son moteur plus gros est accompagné d'une mise à jour du châssis. Il a été allégé et la mécanique est recentré pour une meilleure répartition des masses. Et c'est la 700 et la 710 qui lui succéderont, on culmine ici avec des mécaniques fortes de 7.1 litres, des monstres qui malgré leur poids étaient capable d'atteindre les 190 Km/h dans un confort hors du commun.
Voici l'une d'elle, une 27/140/170HP pour 27 chevaux fiscaux, 140 chevaux de puissance et 170 avec le compresseur enclenché. Sortie des usines fin avril 1929, elle est envoyée sous forme de châssis nu à New York pour y être exposée à l'occasion du New York National Automobile Show de 1930. En janvier 1931, le châssis est commandé par un importateur de New York qui va sans doute la faire carrosser en France par Howard "Dutch" Darrin dans son atelier Parisien. Mais il ne s'agit que d'une hypothèse, l'historique étant trouble à ce sujet. La société deviendra en 1932 Fernandez & Darrin lors d'une association avec l'homme d'affaires Jino Fernandez.
Car un doute subsiste, aucune signature n'est apportée sur cette prodigieuse automobile mais le dessin laisse peu de doutes. Fernandez & Darrin signait des lignes sublimes sur base de Duesenberg où Hispano Suiza pour une grande partie de clients basés aux Etats-Unis. Cette version Sport Tourer est constitué d'une carrosserie entièrement découverte à 4 portes. La ligne est époustouflante grâce à ce châssis fortement surbaissé, ses roues avant plongées tout au bout de la caisse et ses ailes savoureusement sculptées. D'ailleurs de profil on remarque que le centre de la voiture...se situe au niveau du pare-brise! Ce dernier est en plus rabattable et offre un dynamisme encore plus accentué. Les minuscules portières arrières renforcent son côté sportif et sont presque invisibles. De devant la calandre majestueuse et imposante de la Mercedes offre une profusion de chromes, elle est accompagnée de gros phares et de klaxons au style travaillé. On remarque sur les côtés du capot les tuyaux coudés chromés signant les versions à compresseur des Mercedes de cette époque.
Les ailes arrières en forme de pointe accompagnent une malle de cuir bien utile car 4 passagers peuvent s'installer à bord. On y retrouve deux banquettes de cuir rouge dans un espace dédié assez généreux. La finition haute couture s'accompagne de matériaux nobles et d'une instrumentation largement fournie.
Cette voiture hors de prix sera finalement livrée à son premier client résidant à Washington DC, elle était alors peinte en blanc. La voiture changera à plusieurs reprises de propriétaires mais restera longtemps aux USA avant d'être restaurée dans les années 50 et y être peinte en noir.
C'est finalement en 2009 qu'elle rentre chez elle en Allemagne et c'est chez Mercedes à Stuttgart qu'elle est auscultée et identifiée. La production de ce modèle n'aura été que de 111 exemplaires sans doutes tous uniques à l'image de cette carrosserie Française de toute beauté. Estimée entre 6 et 8 million d'Euros, cette merveille Franco-Allemande ne sera pas vendue mais aura eu l'honneur de faire la couverture du catalogue Artcurial de cette sublime vente d'exception.

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19 Fév 2015, 13:00

Re: Un coup d'oeil dans le rétro...

par bubu » 19 Sep 2020, 10:42

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"Ferrari 275 GTB."

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"La course dans les veines."

L'homme aux lunettes noires se serait bien passé de vendre des voitures de route, pour Enzo Ferrari, l'automobile, c'était uniquement pour la piste à la recherche permanente d'un podium. Mais voilà, pour faire courir ces voitures, il faut faire entrer de l'argent, pas de choix possible, Ferrari devra vendre des voitures particulières.
Ça ne lui plaît pas vraiment à Enzo mais il n'a guère le choix, et comme parfois ses puissants jouets se montrent capricieux, des clients aussi têtus que lui viennent se plaindre directement dans son bureau. Ferrucio Lamborghini se fâchera avec le commendatore mais lui sera encore plus rancunier, il va lancer sa propre marque pour lui montrer qu'il peut faire lui même beaucoup mieux! La suite, on la connaît tous.
Mais pourtant les Ferrari de route sont de sacrés monstres et la 250 deviendra la plus iconique de toutes. Avec son légendaire V12 Colombo et ses multiples déclinaisons, la 250 va forger l'image de Ferrari, en quelques années la marque devient mythique grâce à elle, c'est la GT la plus désirable au monde.
Lancée en 1952, elle ne pourra être éternelle et au cours des années 60 il faut bien la renouveler. Lamborghini aura été un acteur de cette accélération, ses modèles étant maintenant de vraies rivales.
La 275 GTB est celle qui assure le relais en 1964. Elle y est dévoilée comme souvent au salon de Paris. Il s'agit d'un coupé dessiné par Pininfarina et d'allure très classique, elle possède d'ailleurs de nombreuses similitudes stylistiques avec la 250 et la confusion est légitime. D'ailleurs ceux qui ne sont pas spécialistes pourraient la confondre avec la fameuse 250 GTO.
Cette berlinette dessinée chez Pininfarina et assez cossue est assemblée chez Scaglietti dans un pur esprit GT. On y retrouve le désormais légendaire V12 "Colombo" dont la cylindrée est de 3286 Cc et qui affiche fièrement 280 chevaux, en 1964 c'est colossal. Il pouvait en extraire 300 avec l'adoption d'une rampe de carburateurs double corps spécifiques. Niveau architectural, cette 275 est la première Ferrari à s'équiper d'un système "transaxle", soit avec une boite de vitesses rejetée vers l'arrière et accolée au pont. Cette disposition optimisait la répartition des masses.
Cette GT à hautes performances autorisait des moyennes "canon" sur les autoroutes mais il était possible de s'offrir la version cabriolet GTS. Mis revenons à la GTB, la version berlinette. Son dessin symbolise l'école Italienne des voitures sportives, avant allongé, calandre ovale en forme de bouche, phares ronds placés sous une bulle de plexiglas, ailes rebondies, long capot et extracteurs d'air sur les flancs, superbe et animale, la 275 est un véritable fauve.
Le "cockpit" est très reculé, ce qui renforce cette féline agressivité, le pare-brise cintré est quasiment panoramique, la forme des portières l'attestent d'ailleurs. Les ailes arrières aux épaulement marqués suivent le dessin des roues, comme si ces dernières avaient "poussées" la tôle. La custode "fastback" est aussi une signature forte de la 275 GTB, inclinée, elle est percée de trois fentes en diagonale faisant écho à celles disposés dans les ailes avant. L'arrière remonte légèrement pour former un petit becquet sur une poupe incurvée coupée nette et peinte ici en noir mat, radical! Les deux feux ronds étaient la norme à l'époque mais marqueront les modèles Ferrari pendant bien longtemps.
Berlinette, elle est dédiée au plaisir du pilotage, ici on ne trouve que deux places à bord, l'espace arrière étant dévolu aux bagages. Mais en 1966 une 275 GTB/4 disposait de deux places d'appoint à l'arrière.
Pourtant elle mesure 4.36 mètres et s'apparente dans ses dimensions plus à une GT, en réalité elle est un peu des deux à la fois. On le voit bien dans la finition intérieure qui laisse place à un confort revendiqué et même une pointe de luxe avec ses beaux habillages, parfois même une planche de bord en bois et sur certaines modèles une radio et des vitres électriques. En revanche la grille métallique en "H" est bien présente et les chiffres imprimés au fond des nombreux compteurs ne laissent place à aucun doute, 300 Km/h, zone rouge à 7500 tours/minute, c'est une véritable bête de course habillée dans un élégant costume.
Le V12 "Colombo" est monté devant et cet ensemble de 3286 Cc offrant 280 chevaux était sans aucun doute l'un des meilleur moteur de tous les temps. Polyvalente, elle pouvait être une redoutable autoroutière sans rien sacrifier au confort que se transformer en voiture de course en la préparant légèrement.
Produite entre 1964 et 1968, Ferrari en vendra environ 450 exemplaires.
Achetée neuve en Suisse, cette 275 GTB a été livrée le 29 avril 1965. Son client avait opté pour les jantes "Borrani" et une rampe de six carburateurs. Sa teinte était ce rouge avec un intérieur en cuir noir. Siegfried Zwimpfer, son commanditaire était un pilote amateur automobile, oui à cette époque ce n'étaient pas que des joueurs de foot qui s'offraient une Ferrari pour la faire en noir mat décorée de strass au centre des jantes, bref, passons. L'homme la fera préparer pour s'en servir comme sa propre monture sur piste. Cette 275 va participer à de nombreuses compétitions et remportera un certain nombre de victoires. Revendue à un autre pilote en 1967, elle continuera à prendre la piste. La 275 aura une vie mouvementée, quelques sorties de route et même une chute de camion transporteur! Au fil des années la voiture est utilisée avec plus de soins, son statut de voiture de collection et son pedigree vont plaider en sa faveur.Aujourd'hui prête à prendre la route, elle est dans sa configuration du rallye "Lyon-Charbonnières" d'époque. Disposant d'un historique complet et de nombreuses pièces d'époque et d'origine, cette voiture exceptionnelle a été vendue 2.502.800€.

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